Chacun peut me répondre comme il l'entend...mais commentaires bêtement agressifs s'abstenir!!!
Dans la folie des grèves: Témoignage d'une étudiante
Démocratie, si tu savais...Récemment, j'ai eu la « lumineuse » idée de quitter mon université d'origine, afin de venir effectuer ma dernière année de licence à Aix-en Provence, faculté éminemment reconnue de par la qualité de ses enseignements:Venant d'une structure beaucoup moins polyvalente, et offrant des possibilités plus restreintes quant à la pluralité des parcours et la diversité des disciplines transversales, Aix m'attirait indubitablement...
Tout comme c'était le cas pour nombre d'étudiants de tout horizons, y compris de nombreux étrangers.
Certes, la vie étudiante n'est pas toujours d'un moindre coût, mais quel bonheur de pouvoir accéder à un savoir aussi passionnant, et à des ressources si nombreuses!
Mais encore... ne faut il pas en être subitement privé pour des motifs et revendications agressifs, incessamment imposés par une minorité!
Car si la florissante université d'Aix-Marseille est emblématique de par le niveau et la variété de ses diverses filières, elle l'est hélas également de par le fourmillement de ses syndicats étudiants, véritable pandémie, qui sous prétexte de vouloir protéger leurs congénères d'une loi inique et profondément dévalorisante à leur égard, décident de bloquer l'université avec un amoncellement de tables et de chaises, empêchant par là tout accès aux cours... Le tout, accompagné par de récurrents aboiements, diffusés à l'aide d'un mégaphone. Les mêmes slogans, vociférés une bonne dizaine de fois chacun, ne sont pas d'une complexité inabordable...
Dans la veine de: « Il faut se mobiliser- terme que les syndicats affectionnent tout particulièrement...- MO-BI-LI-SONS nous contre la LRU! » et autres « Si vous soutenez nos revendications, vous devez être dans la révolte avec nous: C'est le seul moyen de faire entendre notre voix! »
AH...bon?! Mais certainement... Cette évidence n'était jamais venue frapper mon petit esprit ignorant, auparavant: La révolution est le seul moyen de s'exprimer...Il s'agit d'une évidence limpide, voyons! Surtout dans un pays où sont censés régner la démocratie, et les Droits de l'Homme- la Liberté d'Expression en constituant un des points phares- et dont ne saurait affirmer s'il compte davantage d'assemblées générales, de conseils d'administration, et autres réunions intersyndicales...
Là encore, l'arrière-plan et les affiches affirment leur « grand art », perles de raffinement en matière de mauvais goût potache. Et une petite devinette, en guise de citation de ce « poétique florilège »: « Quelle est la seule qualité d'un patron? » Réponse... « Il est biodégradable »(sic!)
De telles publicités sont même inquiétantes; au -delà de leur allure de maximes lapidaires, elles constituent littéralement un « appel au meurtre », c'est-à-dire à l'anéantissement de toute forme de gouvernement, et même d'autorité! L'instauration de l'anarchie pure et dure, en somme.
Attention...je ne veux nullement signifier par là que je suis une partisane acharnée de la LRU -dont j'ose par ailleurs avouer que je ne connais que très partiellement les fondements, contrairement aux grévistes fanatiques, dont la maladresse et la vacuité des propos, ainsi que l'extrapolation totale des raisonnements en soulignent une grande méconnaissance-...
Simplement, j'estime que quand bien même l'on considère(comme c'est le cas pour un certain nombre) qu'une loi vise à défavoriser et déconsidérer un milieu, l'attitude consistant à soi-même se dégrader au travers d'une perturbation sans limite, ne présente pas grand sens! Cela va de l'empêchement d'un accès à la culture- et par là même, un retard inéluctable quant à l'accession aux diplômes conséquents, et à une professionnalisation digne de ce nom- à la propagande politique assaisonnée de violences verbales à outrance, en passant par un franc « bourrage de crâne » et une forte hostilité envers les anti-bloqueurs...
Parce que pour être gréviste militant, la condition « Sine qua non » est évidemment de tenir des propos d'un registre profondément soutenu:
[Je cite] _ « cette loi, c'est de la merde! »
_ « Moi, j'en ai rien à foutre! »
_ « On s'en fout, si les flics y débarquent! »
Certes le mouvement est en train de s'essouffler, et il est probable que les enseignements reprendront la semaine prochaine... Mais au final, nous aurons perdu plus de trois semaines de cours, et cela nous a pour la plupart désancrés de notre contexte d'étude, et démotivés quant à notre travail.
Nous sommes- et je m'exprime au nom de la plupart des personnes avec lesquelles j'ai discuté!- écoeurés par cette situation, et par le fait qu'il y ait eu si peu d'étudiants pour oser affirmer ouvertement leur position d'anti-bloqueur, ou tenir tête aux grévistes: Une tentative de manifestation pacifique, contre le blocage, et en faveur de la reprise des cours, avait été amorcée il y a quelques jours, mais mes quelques camarades et moi avons été pour la énième fois apostrophés de manière stupide et discourtoise, lors de L'assemblée générale que nous avons rejointe après notre mouvement.
Avec en prime, des propos aussi hargneux que dépourvus de cran: « C'est le Président, qui a fait fermer l'université!! » Clame une fervente adepte de la grève, alors qu'elle contemple les inscriptions « Contre le blocage »..., inscrites sur nos t-shirt blancs.
Les syndicalistes acharnés auraient ils par hasard peur d'assumer leurs actes?
Un lâche désengagement, qui n'est pas sans rappeler la réaction d'un petit enfant désirant anticiper la réprimande de ses frasques: « C'est pas moi!... C'est lui! »
Evidemment. La faute est toujours celle ce l'autre: l'administration, le président, les membres du conseil d'administration... et le gouvernement, bien entendu! Les absents ont toujours tort... C'est un fait incontestable, non?
On pourrait penser que le recueil de réflexions débiles s'arrête ici?? Que nenni...
Certaines paroles « hautement philosophiques », ne sont toujours pas sorties de mon esprit:
_ « Madame Pécresse accepté de discuter avec des représentants étudiants par rapport à certains points de sa loi...Mais moi, j'ai pas envie de discuter avec elle! Je veux qu'elle la retire sa loi, un point c'est tout! »( le tout, suivi d'applaudissements retentissants de la masse)
Un caprice de petite fille est parfois chose émouvante...mais passé dix-huit ans, cela n'a plus tout à fait le même charme!
Néanmoins, le summum en matière de démagogie n'est pas encore atteint...
La plus belle assertion que l'on puisse retenir est celle selon laquelle il serait contraire à la démocratie de voter à bulletin secret...!
Comme le dit- le beugle, pour être plus exacte- une représentante étudiante éclairée: « Si pour vous, la démocratie, ça se résume à un petit bout de papier!! »
Très habile...
Alors on vote tous à main levée, au sein d'une assemblée de 300 personnes, peut être( nécessairement représentative de la majorité des 20 000 étudiants, à leurs yeux...)
Et on doit voter concernant tout et n'importe quoi, même lorsqu il s'agit de poser la question: « Peut-on accorder au Président de la fac le droit de parole au sein de notre assemblée? »
Mais quoi de plus naturel comme vote, voyons...? Nous sommes en démocratie, bien sûr!
Alors, sans prétention, et sans engagement politique aucun- je n'appartiens à aucune bord précis, ni à aucun parti, pas plus qu'à un syndicat-, je le clame haut et fort: Arrêtez de nous prendre pour des demeurés! Il est impératif que cette dictature imposée par une minorité cesse!
V.P, étudiante écoeurée.



